Le code du statut personnel (Moudawana)5 se réfère aux « véritables desseins et finalités de l’islam généreux et tolérant » ; il définit le statut personnel des marocains musulmans et reconnaît aux marocains juifs un statut particulier (les étrangers restant soumis à leurs lois nationales, sauf en cas de relation avec un marocain musulman). Il est censé s'appliquer à tous les marocains, même ceux portant une autre nationalité.
L'école juridique sur laquelle se base l'islam marocain est l'école malékite, dont l'enseignement est obligatoire dans les établissements scolaires publics. L'école théologique sur laquelle se base l'islam marocain est l'école acharite, dont l'enseignement est devenu également obligatoire dans les mosquées et les écoles primaires suite à la propagation du salafisme au sein du royaume du Maroc.
Depuis quelques années, comme dans d'autres pays arabes traditionnellement sunnites, lechiisme s'est implanté au Maroc, mais il s'agit d'un courant clandestin, notamment parce qu'il s'agit d'une brèche dans le pouvoir du monarque, qui incarne l'islam sunnite de rite acharite/malékite. Des articles sur le sujet apparaissent de temps en temps dans la presse marocaine, parfois sérieux, parfois présentant les chiites comme une menace pour l'islam marocain, au même titre que les chrétiens évangéliques, et dans une moindre mesure les bahais6. En mars 2009, le Maroc rompt ses relations avec l'Iran, officiellement pour un différend diplomatique entre les deux pays sur la position de Rabat de l'intégrité territoriale du Bahreïn7, mais il faut dire que c'était une bonne cause pour le gouvernement marocain pour faire face aux menaces déjà constatées8, de la possibilité de propagation du chiisme au royaume chérifien.
L'apostasie d'un musulman, le fait de quitter sa religion, n'est pas explicitement illégale selon le droit écrit marocain9. En plus de s'exposer à une possible « mort civile9 », parler de ou afficher sa nouvelle croyance peut être interprété comme du prosélytisme. Si ces actions ont lieu en présence d'un musulman, on peut alors être poursuivi sous l'article 220 du code pénal marocain:
« Quiconque, par des violences ou des menaces, a contraint ou empêché une ou plusieurs personnes d'exercer un culte, ou d'assister à l'exercice de ce culte, est puni d'un emprisonnement de six mois à trois ans et d'une amende de 100 à 500 dirhams.
Est puni de la même peine, quiconque emploie des moyens de séduction dans le but d'ébranler la foi d'un musulman ou de le convertir à une autre religion, soit en exploitant sa faiblesse ou ses besoins, soit en utilisant à ces fins des établissements d'enseignement, de santé, des asiles ou des orphelinats. En cas de condamnation, la fermeture de l'établissement qui a servi à commettre le délit peut être ordonnée, soit définitivement, soit pour une durée qui ne peut excéder trois années10. »
« Quiconque, par des violences ou des menaces, a contraint ou empêché une ou plusieurs personnes d'exercer un culte, ou d'assister à l'exercice de ce culte, est puni d'un emprisonnement de six mois à trois ans et d'une amende de 100 à 500 dirhams.
Est puni de la même peine, quiconque emploie des moyens de séduction dans le but d'ébranler la foi d'un musulman ou de le convertir à une autre religion, soit en exploitant sa faiblesse ou ses besoins, soit en utilisant à ces fins des établissements d'enseignement, de santé, des asiles ou des orphelinats. En cas de condamnation, la fermeture de l'établissement qui a servi à commettre le délit peut être ordonnée, soit définitivement, soit pour une durée qui ne peut excéder trois années10. »
Durant le Saoum, c'est-à-dire le jeûne du ramadan, les établissements de certaines chaines de restauration rapide comme McDonald’s,Pizza Hut ou KFC, restent ouvert durant la journée, tout en se livrant à un certain zèle à l'égard de leur clients musulmans. En effet, ces derniers ne peuvent être servit « sur place » (conformément affiches placarder aux entrées11) et doivent se contenter que des menus « à emporter », les employés ayant visiblement reçus la consigne de réclamer systématiquement une pièce d'identité, afin de définir si leurs interlocuteurs étaient ou non susceptible d'être de religion musulmane12. Ce genre de pratique semble même emporter l'adhésion d'une majorité de marocains puisque selon un selon intitulé « L’Islam au quotidien », 60% des sondés ne considèrent pas comme musulman celui qui ne fait pas le ramadan, et 44,1% d'entre eux estiment qu’un dé-jeûneur doit être puni jusqu’à ce qu’il reprenne « le droit chemin », tandis que près de 82,7% des interrogés ne sont pas d’accord pour que les cafés et restaurants restent ouverts la journée pendant le mois sacré13.
Cependant, ce sentiment, apparemment « rigoriste », de la population n'hésite pas à être totalement en contradiction avec le comportement qu'une grande majorité de marocains observent vis à vis de l'alcool dont la consommation leur est pourtant totalement interdite par la religion (y compris en dehors du ramadan). Cette interdiction, instaurée pourtant par le colonisateur français, a été entérinée par l’arrêté viziriel du 17 juillet 1967 (B.O. N° 2856 du 26 juillet 1967 : 829) émanant du Directeur du Cabinet Royal. Les responsables du ministère de l’Intérieur ont tenté d'expliqué que la présence d’une communauté étrangère nécessitait l'existence d'une politique modérée dans ce domaine, assertion contredite par le fait que le profil des consommateurs de produits alcoolisés est composé généralement de Marocains musulmans. Ainsi, les supermarchés, les bars et les discothèques du pays font 99% de leurs bénéfices avec les Marocains. Cette souplesse on ne plus « sélective » à l'égard des rigueurs de la foi islamique étant probablement dû au fait que l’État marocain perçoit une taxe intérieure de consommation (TIC) sur l’alcool. Ainsi, en 2006, il a récolté plus de 723 millions de dirhams (513 millions de dirhams pour la bière et 223 millions de dirhams pour les vins et spiritueux), d'autant plus qu'une étude démontrait que la production des produits alcoolisés marocain a connu une augmentation de 21% sur la période précédente comprise entre 2000 et 200514,15.
source : www.wikipedia.org
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